vendredi 9 septembre 2011

Mon premier Marathon: Semaine #10 (Présentation du plus grand coureur Québécois)

On dit que pour s'évaluer il faut se comparer. Peu de gens peuvent se comparer à cet homme. Cette semaine je vous présente Gérard Côté. Je laisse le soin à Paul Foisy de vous décrire en bref l'histoire de ce coureur tout à fait exceptionnel.

Gérard Côté demeure le coureur québécois ayant connu le plus de succès sur la scène internationale. Né à Saint-Barnabé Sud le 27 juillet 1913, il est doté d’une force de caractère et d’une détermination à toute épreuve. Il pratique la course à pied de 1931 à 1956, parcourant plus de 192 000 kilomètres! En plus de s’adonner à la course à pied, Côté est un adepte de la course en raquettes.

Vers la fin des années 1920, lorsqu’il déménage à Saint-Hyacinthe, le jeune Côté s’intéresse aux activités sportives. En plus de jouer au hockey et au baseball, il s’adonne à la boxe, un des sports les plus en vogue à l’époque. Il pratique alors la course à pied pour acquérir une plus grande forme physique. Puis, en juillet 1931, en pleine crise économique, les coureurs du marathon Peter Dawson s’arrêtent à Saint-Hyacinthe pour la première étape de cette compétition de 800 kilomètres. À la vue de ces grands coureurs professionnels, il attrape la piqure et décide de les imiter. Le 4 octobre 1931, il remporte la victoire à sa première course. L’hiver suivant, afin de continuer à développer ses capacités aérobiques, il participe à une première course en raquettes.

Au fil des ans, les rédacteurs des principaux journaux le favorisent pour remporter le marathon de Boston. Il réussira l’exploit en 1940, tout en remportant le Yonkers au mois de novembre. Cette victoire à Yonkers qu’il répétera en 1943 et 1946, fait de lui le champion américain. Gérard Côté est désormais perçu comme un grand coureur, faisant partie de l’élite internationale.

Il poursuit sa carrière année après année, remportant à nouveau le marathon de Boston en 1943, 1944 et 1948. Alors qu’il était au sommet de sa forme, la Seconde Guerre mondiale vient déjouer ses projets de participer aux Jeux olympiques de 1940 et 1944.
Ce n’est qu’en 1948 qu’il pourra tenter de décrocher la médaille d’or tant convoitée. L’année est exceptionnelle, car il remporte successivement les marathons de Boston, Los Angeles et Hamilton, où le comité olympique canadien l’oblige à courir afin d’assurer sa participation aux Jeux. Malheureusement, les quatre épreuves se déroulent dans un laps de temps relativement court. Il se présente à Londres dans un état de fatigue qui l’empêche d’obtenir un podium olympique. Cette défaite est celle qui le marque le plus, car il rate sa chance d’obtenir une médaille olympique.

Avant de remiser ses espadrilles en 1956, il prend part aux Jeux de l’Empire (Jeux du Commonwealth) en 1950 à Auckland (Nouvelle-Zélande) et à Vancouver en 1954. De plus, il est couronné champion canadien sur distance marathon à quatre reprises.

En plus de connaître une carrière exceptionnelle en tant qu’amateur, Gérard Côté s’implique dans la communauté maskoutaine en présentant le marathon de Saint-Hyacinthe de 1947 à 1975. À quelques occasions, cette épreuve détermine le champion canadien. Au cours des années 1980, il est ambassadeur pour Loto-Québec qui commandite le circuit de course provincial au Québec.

Ses victoires à Boston et à Yonkers en 1940 lui valent le trophée Lou-Marsh, décerné au meilleur athlète canadien. L’année est fructueuse puisqu’il reçoit également le Norton H. Crow pour le meilleur athlète amateur canadien, le Leslie J. Jarvis pour le meilleur athlète sur piste et finalement le trophée Jos Cattarinich pour le meilleur athlète canadien-français. En 1955 il est élu au Temple de la renommée olympique du Canada et l’année suivante, il est intronisé au Temple de la renommée des sports canadiens.

En 1988, il est décoré de l’Ordre national du Québec. Deux ans plus tard, il est nommé Membre de l’Ordre du Canada. Cette même année, il porte le flambeau pour rallumer la vasque olympique des Jeux de Montréal. Cet événement se déroule lors d’une cérémonie spéciale commandée par la Régie des installations olympiques (RIO) pour annoncer et appuyer la création du Panthéon des sports du Québec. Il sera d’ailleurs parmi les premiers intronisés au Temple de la renommée des sports du Québec en 1991.

Paul Foisy






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