jeudi 29 septembre 2011

Mon premier Marathon

Le réveil.

Il est 05h00. Le cadran sonne. Je sais que c'est là ou jamais. Il fait encore nuit et dans ma tête tout s'éclaircit. Je suis rendu au moment que j'attends depuis des semaines, des mois. Il me reste quelques étapes de préparation et c'est y est. Un bon petit déjeuner, quelques petits étirements et la préparation de l'équipement. Même si c'est fait depuis la veille, une deuxième inspection est essentiel afin justement de ne pas rien oublier. J'ouvre la télé pour voir s'il ne parle pas du marathon à quelque part. Ma conjointe se lève et me dit: <<tu es prêt?>>. Pas le choix! De toute façon prêt pas prêt il est beaucoup trop tard pour reculer. Soudain je regarde l'heure et il est 06:15. Il me reste 30min avant de partir de la maison. Je commence donc à mettre la crème anti-friction (pas le choix, tout ce qui frotte ne doit pas s'irriter) et j'enfile mon linge de course ainsi que mes souliers. 06:40 les enfants se lèvent, s'habillent et apportent leur déjeuner dans l'auto. Ils adorent faire ça. Il est 06:50. On part!

L'arrivée sur le pont.

 Nous arrivons sur la rive-sud. La météo est parfaite jusqu'à présent. Pas de pluie, pas de soleil, température de 19°et surtout pas de vent. 07:25 nous commençons à monter le pont Jacques-Cartier avec la petite famille. Plusieurs coureurs font la même chose et je commence tranquillement à me préparer mentalement pour le départ. Arrivé sur place, je rencontre quelques amis''es'' avec qui je cours les lundis. Nous nous racontons nos derniers jours et nous avons à peu près tous les mêmes petites histoires. Les étirements d'avant course commencent pour tous. L'annonceur nous informe que le départ aura lieu dans 20min et de bien vouloir prendre place. Quelques photos de groupes, famille, amis. Ah oui, il y aussi une annonce de drapeau rouge. Avant chaque marathon ou demi-marathon les officiels de course doivent émettent un avis de drapeau (vert=ok, jaune=faire attention, rouge=risques). Habituellement lorsque qu'il y a un drapeau rouge, on annonce de ne pas tenter d'établir au nouveau record personnel. Nous sommes 3 dans le groupe qui en sommes à notre premier marathon. L'avantage c'est que nous allons tous faire un record. ;)

Le départ!

 Il reste que 2 minutes. J'attache mes souliers pour une dernière fois. Je sais pourquoi mais c'est une phobie pour moi que mes souliers soient mal attachés. Je peux refaire 4 fois la boucle alors qu'elle était ok à la première. 10, 9, 8.......3, 2, 1 et pow! C'est y est, là c'est vrai! Dans quelques secondes je vais m'élancer. Il faut attendre de passer le fil de départ. Une trentaine de secondes plus tard et quelques pas c'est à mon tour. Me voilà parti pour mon premier marathon.

 Les premiers km. (1er km au 10e km)

 Le parcours du marathon débute avec un descente vers le stationnement de la Ronde. Nous allons par la suite au bout de la Ronde et nous nous dirigeons vers le circuit Gilles Villeneuve. À l'entrée du circuit nous avons 5km de complété. Depuis le départ tout va bien. Mon rythme cardiaque est parfait (aux alentours de 130-140bpm) néanmoins ce que ma respiration me laisse présagée (j'ai pas de cardio-fréquencemètre sur moi...les risques d'irritations sont trop grands). Nous sommes encore un très gros groupe. Plusieurs coudes à coudes et je commence à trouver ça un peu long avant que les groupes se séparent. Plusieurs à côté de moi ont des respirations inquiétantes rendu à ce point. Certains on l'air de faire un 10km et même un qui avait l'air à faire un 5km tellement il respirait rapidement. Quand il te reste 85% du trajet à faire et que tu respires de la sorte je crois que certains ont dû en souffrir sur des km.

(Le long 10km). (10e km au 20e km)

Nous passons sur le circuit Gilles Villeneuve. À ce point, nous venons de franchir 10km. Je suis à 50min. C'est pas mon ''pace'' désiré mais je suis tellement bien que je veux garder cette forme le plus longtemps que possible. Le prochain 10km nous amène vers le vieux port en passant par quelques rues pas très motivantes pour ne pas dire pas du tout. C'est probablement, non, c'est sans contredit l'endroit du marathon qui est le plus long. Première côte à l'horizon (Coin St-Laurent et Notre-Dame). Une que j'avais pas prévue. Je mets en pratique les techniques de montées. Relativement facile mais à 18km c'est toujours un peu plus ardue.

Le demi-marathon. (temps de passage) (20e km au 25e km)

 Nous quittons le vieux Montréal pour aller vers l'est. À l'horizon le chrono du demi-marathon. Le point de passage #1 qui nous indique habituellement notre allure pour la fin du parcours. Je passe à 1h46m. Dans ma tête je commence à compter. Faudrait pas mais nous sommes incapable de ne pas le faire. Le calcul n'a pas compliqué. Il faut que fasse le même chrono que je viens de faire mais avec un 2-3min en moins si je veux terminer sous les 3h30. Ma course s'est possiblement joué à cet endroit. Au lieu de me laisser aller j'ai pousser un peu plus mais j'aurais dû garder mon ''pace'' de départ. Une douleur en dessous du pied vient s'ajouter soudainement. Lorsque je tente de faire un pleine extension de ma jambe des raideurs commencent à se faire sentir. Je suis au 22-23e km.

La côte Berri! (25e km à 30e km)

 Rendu au 25km c'est la fameuse côte Berri. Y'a beaucoup de spectateurs qui t'encouragent du mieux qu'ils le peuvent et particulièrement cette année y'avait beaucoup gens. Les cries venaient de partout. Et vous savez quoi? Lorsqu'on les remercie par un signe de la main ou que nous même nous les applaudissons, les gens sont encore plus réactifs et t'encouragent encore plus fort. Le poil te dresse sur tout ton corps.  Bon, il y a les gens au bas de côté et y'a ceux qui sont en haut de la côte. T'as ceux qui y sont vraiment pour t'encourager et y'a les ''ceuses-là'' qui sont là pour regarder le monde souffrir. Plein de commentaires ici et là sur les traits physiques des souffrances des gens. Je trouve ça particulier mais j'imagine que certains y trouvent leur compte. Berri passsé! Pas si difficile mais un gain de 70 pieds en altitude sur 600m de distance, ta rattrape quand même à un moment donné. Arrivé près du parc Lafontaine à 26.5km et jusqu'au 30e km, il y a une autre montée en faux plat. J'atteins finalement le 30e km sans trop de misère et je suis très surpris de mon état physique.

 La descente et le ''record''. (30e km au 34e km)

 Les 12e derniers km, à l'exception de ''l'interminable'' côte Pie-IX, sont pratiquement tous en pentes descentes. Mes jambes tiennent toujours mais je commence de plus en plus a ressentir une forte douleur à mon pied droit. Je suis maintenant à mon 32e km. Ça y est, c'est fait! Je cours actuellement sur une distance inconnue pour mon corps. Merci Pat et Julie à 32km qui sont venue m'encourager. Les km 32 et 33 se passent bien dans les circonstances. D'autant plus que de 33 à 34 ça descend pas mal et que ça fait du bien aux jambes. À ce point les descentes sont pratiquement terminées. Le plat revient. Et là tout bascule! Les douleurs aux jambes commencent. L'an passé au 19e km du demi, les jambes m'avaient laissé tomber. Aujourd'hui c'est au 34e km. Quand je dis ''laissé tomber'' je veux dire que l'acide lactique fait maintenant son oeuvre. C'est l'objectif de tous coureurs de repousser cette phase le plus loin possible. Beaucoup de gens à ce stade, marche, arrête ou tout simplement abandonne la course.

 Le rue Rac''hell'' (35e km au 37e km)

 Je dois maintenant accepter que je vais terminer avec la douleur pour les 45 dernières minutes. Le problème c'est que la douleur va progressant et non en diminuant. Rachel c'est long pour deux raisons. C'est environ 3km de ligne droite et la vue au loin, juste en face, c'est la tour du stade. (l'arrivée) Cette année en plus, nous devons faire un petit détour sur le plateau afin de combler les 500m qui manque pour l'entrer du stade (l'arrivée se fait au Parc Maisonneuve et non à l'intérieur du stade). Dans ce détour je reçois un bel encouragement de Fred, un ex-collègue de travail et coureur, et en prime j'ai le droit à une belle photo. (Merci Fred). Chaque pas de course me demande une concentration supplémentaire afin de bien garder mon rythme. Finalement j'arrive au coin de Rachel et Pie-IX. Soudainement, un petit encouragement de plus. Sorti de nul part (bien entendu des spectateurs et qui sont nombreux à cet endroit) quelqu'un arrive à côté de moi en courant. C'est mon père! <<As-tu besoin d'eau, ça vas-tu bien??>> Oui ça va bien pa! J'ai besoin de rien merci. J'ai cru entendre au loin crier mon père <<lâche pas Dan ça va bien>>. Merci pa! C'est un endroit où la foule est réunie en grand nombre et que paradoxalement c'est une vue fantastique de voir tous ceux gens mais à la fois c'est décourageant de voir cette côte de 1.6km à 4km de l'arrivée.

L'interminable côte Pie-IX et les échecs. (38e km au 39e.5 km)

 Psychologique pour certain, démoralisant pour d'autre mais certainement physique pour tous. La côte Pie-IX fait rebrousser chemin à plusieurs marathoniens d'ici et de l'étranger. Je commence la montée en douleur bien sûr mais surtout avec un commencement de crainte à savoir si je suis capable de terminer la course sans marcher. Abandonner n'est pas une option loin de là, mais de le marcher non plus. Ça c'est creux dans ma tête et rien ne me fera reculer. Un petit encouragement au départ de la côte d'un de mes collègues de bureau qui m'encourage au loin sur son vélo. Merci Éric! À partir de cet instant je savais que j'allais compter sur moi-même et que le côté mental, qui était tout nouveau pour moi, était maintenant à travailler. Au moment ou je commençais à me poser plein de question du genre, vais-je terminer, vais-je marcher ou qu'est-ce que je fais ici, mon ami de course Marc me dépasse sur ma gauche et me donne quelques mots d'encouragement. C'est quelques mots m'ont encouragé mais ils m'ont aussi permis de me dire qu'il devait vivre les mêmes souffrances que moi et qu'il était aussi déterminé que moi à finir ce marathon. Merci Marc! Quelques secondes plus tard je vois Martin, entraîneur du lundi et ami de course, qui vient rejoindre Marc au devant de moi. Il s'est vite aperçu que j'avais probablement besoin plus d'aide pour finir que Marc et il est venu me chercher quelques mètres derrières. Il reste 200m de côte. Le ''pire boutte'' de tout le circuit de 42.2km. Martin me tire s'en arrêt (au sens figuré bien sûr) et m'encourage à pousser pour le peu qu'il me reste. Finalement en haut de la côte avec un ''pace''de 6m45s/km j'y suis arrivé. Il faut dire qu'on voit pas beaucoup de ''sprint'' à cet endroit. Et c'est là qu'il est difficile de voir plein de gens abandonner ou marcher avec la souffrance dans leur visage ou voir à quel point l'échec est difficile à accepter. N'en doutez pas, si j'ai pas eu 20 fois l'idée d'arrêter, je l'ai pas eu une fois. Tout marathonien vous le dira: ne jamais arrêter sinon c'est encore pire lorsqu'un repart. Et tous ceux au fil d'arrivée peuvent vous en parler.


Les derniers km (39.5e km au 41.2e km)

 Cela aura été les 2km les plus difficiles de tout. Souffrance aux jambes, nommez-les tous, quadriceps (les 4 muscles), mollets, chevilles, pied gauche, pied droit, ischios-jambiers, et bien sûr les articulations des genoux, hanches, mon fameux sacro-iliaque gauche et même le droit....etc. Ça chauffe, qu'est-ce que je dis, ça brûle!!! Et ta tête qui n'arrêtes pas de dire <<stop, arrêtes, lâches tout>>. Et toi tu continues... Martin toujours devant moi m'aide toujours avec ses nombreux encouragements. Le soleil est maintenant de la partie. Il fait chaud et même s'il reste que 2km il fait encore plus chaud dans cette condition. Je vois au loin la pancarte du ''41km''. Soulagement! Psychologiquement bien sûr! À ma droite, étendue sur le trottoir, un homme avec les paramédicaux. Je veux pas regarder. Même s'il me reste 1.2km je ne veux pas être déconcentré sur qui me reste à faire. Je tourne volontairement la tête vers la gauche pour m'enlever du regard ces images difficiles à voir. (Ce n'est qu'à la maison que j'apprendrai que cette homme que j'ai vu était en fait l'homme de 32ans qui est décédé à un km de l'arrivée.)


L'arrivée (41.2km au 42.2km)

 Passé cet incident Martin me parle d'une chose, d'une seule chose, le feu de circulation à l'angle de Viau et Sherbrooke. Le dernier tournant. Enfin, la fin! Pas la fin d'un autre km ou d'une côte ou d'une pente, non, la vraie fin. Je tourne donc le coin de la rue, il me reste 700m à faire. Martin me largue à cet instant et je lui lance un merci comme je peux. À un moment donné j'entends crier ma conjointe <<Bravo Dan, Danic t'es arrivé>>. En me tournant la tête je vois ma conjointe, mes enfants, mes beaux parents et lorsque je salue avec un beau sourire (ne jamais se fier à un sourire de marathonien à 41.8km) et là  je sais que la souffrance achève. En me retournant la tête j'aperçois ce que je veux voir depuis un bon 10-12km, l'arche de l'arrivée. Un ''p'tit spint'' pour finir ça en ''beauté'' et avec tous les encouragements de la foule c'est l'achèvement d'un long parcours. Il me reste quelques mètres, dernier tournant vers la droite, je vois le chrono qui affiche au loin 3:33:47...48...49...50...51 et.......c'est la FIN. Ma puce électrique (ship time) indique 3h33m19s, pour un pace de 5m03s/km.

L'après course d'enfer (de 12:05 à 20:15)

 Pour moi tout est terminé. Les 42.2km sont fait en courant (je n'ai jamais marché une seule seconde) et le milieu de temps ciblé a été atteint (soit entre 3h20 et 3h45). Mais au moment de commencer à manger, les maux de coeur commencent à se faire sentir. Donc on oubli la bouffe et l'eau. Je ne suis pas bien. L'infirmerie? Non. Je suis conscient et ma température du corps est ok. Pas d'étourdissement juste un mal de coeur. Un vrai ''lendemain de brosse'' mais avec un marathon dans le corps. Pas évident. De plus, pour récupérer rapidement, les muscles, on besoin des protéines 20min max après l'effort physique. (passé ce temps les protéines s'absorbent moins bien) Je tourne en rond, m'assoie, me relève. Rien à faire. Mes parents viennent enfin me retrouver. Ils sont content mais ils voient aussi que je ne suis pas pleine forme. Mes amis me retrouvent. Eux aussi constatent que ça va plus ou moins bien mais voit dans mes yeux la satisfaction malgré tout. (je crois) Finalement, ma petite famille arrive. Très content de les voir. Mes enfants semble très fier de moi ainsi que ma conjointe. Mes beaux-parents sont là. Je suis content de voir tout le monde mais ça parait sûrement pas dans mon visage. Je suis fatigué et je commence à trouver mon rétablissement pénible. De plus, j'apprends que l'auto est loin. Loin pour moi mais près pour le reste du monde. Finalement, nous quittons vers les 14h non sans peine pour moi. En chemin vers l'auto j'ai été malade. La seule eau que j'avais pris à l'arrivée n'est pas tenue le coup. Je suis donc vide et plus rien ne rentre. Je vais faire ça court, j'ai dormi de 15h à 20h15 pour ensuite commencer à manger et surtout boire vers les 21h. J'aurai donc rien consommé entre 12h15 et 21h00. Ça devait être la fin de ma course. Vue de haut ça peut paraître décevant que ça se termine de la sorte mais je l'ai pas vécu comme ça. Tout le long des souffrances d'après course j'avais quand même un sentiment qui flottait au dessus de moi. Un sentiment de devoir accomplit. Le sentiment d'avoir été jusqu'au bout et d'avoir terminé ce que j'avais commencé.

La conclusion du marathon

 J'ai fait ce que je voulais accomplir depuis ma décision de faire le marathon le 1er juillet dernier. L'entraînement et le marathon sont deux choses distincte. Je ne crois pas que l'être humain, du moins la très grande majorité, soit capable de se pousser aussi loin si ça ne compte pas. Pour parler du marathon il faut le vivre un point c'est tout. Le travail mental est une partie intégrante du marathon sur lequel on peut travailler seulement en situation de course. Faire une sortie de 32km n'est pas faire 75% d'un marathon. L'expérience totale est difficile mais ça vaut 1000 fois toute cet investissement une fois la ligne d'arrivée franchie. 

Je tiens à remercier tous ceux et celles qui m'ont encouragés durant le marathon. Mes amis de course Marc et Sarah, mes collègues Patrick, Julie, Frédéric (merci pour la belle photo), Éric, mes beaux-parents, bien sûr Martin (pour ton support tout au long de ce long de ce 2km...), mes parents (mon père pour ton support au 38e.km, ton support au fil d'arrivée et pour l'après course. Ma mère pour le support à l'arrivée, le beau vidéo et le support d'après-course) et bien entendu mes enfants, Flav et Nic, qui ont fait ça comme des grands de 06:40 le matin à 14:00 sans dire un mot et la dernière et non la moindre ma conjointe Emmanuelle qui, non seulement elle m'a encouragée durant toute cette journée, mais qui a dû m'endurer tout l'été dans mon entraînement et plus particulièrement les 2 dernières semaines ou j'étais un peu moins présent psychologiquement. Je vous aussi remercier tous ceux et celles qui m'ont écrit des petits commentaires sur Facebook, avant, pendant et surtout après le marathon (merci Yves B., Éric G., Julie L, et ceux qui sont venu en personne Sébas, Dom mais que je n'ai pu vous accueillir) . Ce fût très apprécié et très stimulant.

Conclusion du Blog (Mon premier Marathon)

 La fin est proche. C'est les dernières lignes de mon premier blog consacrés à mon tout premier marathon. Plusieurs personnes me posent souvent la question pourquoi je cours? Je vais vous conter brièvement comment tout cela à commencé. Il y a 3ans j'ai souffert d'allergies saisonnières (à l'automne) très aiguës (résultant en des problèmes d'asthmes) durant la journée mais surtout pendant la nuit m'empêchant de dormir. Je suis donc aller voir un médecin pour savoir ce qui n'allait pas. La femme médecin que j'ai rencontré m'a toute de suite mentionné que j'avais des allergies et que j'allais devoir m'acheter des pompes pour l'asthme pour au moins me permettre de dormir. Ceux qui me connaisse un peu savent que je détestes les médicaments. Au moment d'aller voir ce médecin je ne faisait aucune activité physique, je venais d'arrêter le hockey et mon poids avait atteint les 188 lbs. Le médecin me dit une chose qui va me marquer. (une toute petite chose, une ligne) En lui mentionnant que j'avais fait un peu de sport dans le passé elle me réponds une chose: <<vous savez M.Audet j'ai jamais vu d'athlètes ou des sportifs venir ici dans mon bureau pour des problèmes d'asthmes ou respiratoires>>. Probablement que ce qu'elle me disant n'était pas toute la vérité mais elle m'a suffisamment convaincu pour que je commence à faire de l'activité physique. (c'était possiblement son but de me faire comprendre qu'un peu d'activité pourrait me faire du bien)

J'ai donc commencé à faire un peu de course pour le plaisir. Après tout, c'est le sport qui coûte le moins cher et qui est accessible 365 jours par année. Au départ j'ai commencé par des 1km. Comme je la trouvais loin la petite côte à 500m de chez moi (et 500m pour revenir). Mal de jambes, de dos, de pieds etc...Je me souviens du premier 2km (aller retour avec le terrain de balle). Je me souviens que je disais <<je peux pas croire que j'ai été virer là-bas>>. Je me souviens de mon premier 5km sur la montée des 30. Je l'avais même fait en auto par la suite pour être certain de mon kilométrage. Mon premier 5km en compétition à Sorel devant toute la famille. Mon premier demi-marathon à Montréal l'an passé sous une fausse-préparation d'un 10km transformé en entraînement 21km à la dernière minute. (1 mois avant) Justement, ça l'expliquerait peut-être le pourquoi de ma blessure à ma hanche 4 jours avant le demi-marathon étant incapable de marcher. Je me souviens aussi de ma décision, après le Lac Brome, de faire le marathon de Montréal à condition que si j'étais pas blessé le 1er juillet. Je me souviens d'avoir pris la décision d'écrire un blog pour conserver mes écrits. Je me souviens de tout mon entraînement de cet été avec tous les sacrifices que j'ai dû faire. Je me souviens de mon 32km coupé au 21e km à cause d'un orage si violent que je voyais même plus à 2 pieds en avant de moi. Je me souviens aussi des nuits un peu plus courtes quelques jours avant le marathon. Je me souviens aussi de mon premier Marathon...Ah oui! La fois que j'avais couru 42.2km et puis que j'avais...

P.S. J'ai utilisé mes pompes d'asthme quelques fois pour m'aider à passer les nuits que je n'arrivaient pas à dormir tellement je ne pouvais plus respirer. Depuis 2009, lorsque j'ai commencé à courir, je n'ai jamais eu d'autres problèmes d'ordre respiratoire. Je n'ai jamais réutilisé mes pompes (elles sont d'ailleurs expirées) et ne compte pas en avoir besoin d'autres. :o)

Vidéo avant l'arrivé
http://youtu.be/3WSEjKmBOvs

Mon vidéo avec la fin modifiée (photos marathon)

Mon suivi la montre Garmin

''Ce blog a été consacré à mon premier marathon à vie. Il se voulait pour moi une sorte de souvenir et une source de motivation pour le futur. Inspiration peut-être pour certains, je voulais faire découvrir à tous et à chacun que tous les défis sont réalisables. La perception et la relativité sont des indicateurs de nos vies qui tentent de nous guider vers des défis toujours plus grands.''
Mon premier Marathon,
Danic Audet









vendredi 23 septembre 2011

Mon premier Marathon: Semaine #12 (Montréal je m'en viens!)

  M'y voici! Il ne reste que 2 jours. En fait il ne reste qu'une journée et 14h. L'attente est longue, trop longue. Les dizaines de questions qui passent et repassent sans cesse dans ma tête ne s'arrêtent plus. Est-ce ce qu'on appelle le stress? Peut-être? Ce que je sais c'est que, peu importe ce que je fais, tout est orienté vers la journée de dimanche. L'adrénaline ne fait que montée de jour en jour. L'inspiration j'en ai plus besoin. J'en ai même à revendre. L'attente interminable a fait place à quelques sentiments d'impatience. Comme hier juste le fait d'aller chercher le dossard nous rappelle à quel point le marathon est proche.

 Tout le monde nous en parle. Tes amis, ta famille, tes voisins, tes collègues de bureau et même ceux qui ont entendu parler que tu faisais un marathon et que tu connais plus ou moins. Un marathon pour le commun des mortels c'est très intriguant. La première chose qui fascine c'est la distance. Peu de gens connaisse la distance d'un marathon. Mais même ceux qui la connaisse ne savent pas vraiment ce que c'est. D'ailleurs même moi je ne sais pas vraiment. C'est dimanche que je vais vraiment le savoir pour vrai. Avoir couru 32km c'est bien mais un marathon on divise ça en deux parties; le premier 32km et le dernier 10km. C'est donc l'inconnue qui m'attend à ce 32e/km.

 Un retour sur mon entraînement. Je divise mon entraînement en 5 parties. L'ouverture (la première semaine, passer de 20-25km par semaine à 40-50km), les USA (courir avec un entraînement en voyage), ma blessure aux côtes (s'entraîner blessé mais aussi vivre au quotidien avec une blessure avec laquelle on doit s'ajuster), les 3 semaines ''peaks'' (les 3 plus longues semaines d'entrainements, 200km sur 3sem) et finalement la décompression (tout ce qui vient après la longue sortie du 32km.....la fatigue accumulée, l'attente, la nutrition et finalement la nervosité positive en attente de l'évènement).

 Comme mentionné dans les billets avant mon entraînement, j'ai fait exactement ce que l'entraînement demandait. Je suis content de ne pas avoir dérogé du plan que je m'étais fixé dès le début. Donc les 700km de course et les 95heures sont maintenant derrière moi. Il me reste le 42.2km a complété en ce dimanche. Certains m'ont demandé si j'avais une stratégie de course. Oui et non! Ma stratégie est de me concentrer sur un ''pace'' confortable dès les premiers pas de course et de laisser aller les choses. Un marathon ne se court pas comme une courte distance. Il faut garder ses forces le plus longtemps que possible et éviter de tout dépenser au départ. L'endurance est fondamentale. Pas d'endurance, par de longue distance. En plus le marathon dois se gérer avec un côté psychologique ce qui n'est pas le cas avec les courtes distances.

 Avant le départ, je vais retenir quelques petits conseils qui m'on été donnés par des marathoniens que j'ai fréquentés durant les derniers mois.
 -Toujours respecter la distance du marathon (42.2km c'est long)
 -Partir toujours un peu plus lent au départ (ne jamais prendre sa cadence au départ)
 -Être patient (laisser le temps aux muscles et articulations pour se réchauffer)
 -Faire sa propre course, pas celle des autres. (créer sa bulle)
 -Du premier au dernier, faire un marathon ça fait mal. (la douleur doit être acceptée)
 -Au 30e km, prendre les km par km et non le nombre total. (voir la fin en ''pas à pas'' (steps by steps))

 Il faut maintenant que je prenne du temps pour me reposer et c'est ce que je vais faire. Pour terminer je me suis amusé à faire un petit vidéo relatant ma progression d'il y a 2 ans à aujourd'hui (photos, vidéos). Je vais compléter le vidéo avec le marathon dimanche.


Mon premier Marathon (vidéo sur Youtube)
lien direct : http://www.youtube.com/watch?v=gJ7oeAElM8Y

dimanche 18 septembre 2011

Mon premier Marathon: Semaine #11 (C'est fait!)

C'est fait! L'entraînement est terminé. Il me reste qu'une formalité cette semaine afin de garder un tonus musculaire pour dimanche. J'écrirai cette semaine pour un dernier commentaire sur mon entraînement de cet été et je vous présenterai une dernière source d'inspiration pour moi.

Parlant d'inspiration j'aimerais vous faire voir ce petit vidéo qui m'a aidé à ME remettre dans la perpective des choses. Souvent on se plait de toute sorte de choses et souvent c'est trop facile de plaindre. Cette semaine c'est un espèce de ''down'' que tout coureur vit avant un marathon. Ça prend beaucoup de motivation pour terminer l'entraînement même s'il en reste peu. J'ai regardé cette vidéo à quelques reprises et dites vous que de l'inspiration, ces deux hommes-là savent c'est quoi. À regarder!

vendredi 9 septembre 2011

Mon premier Marathon: Semaine #10 (Présentation du plus grand coureur Québécois)

On dit que pour s'évaluer il faut se comparer. Peu de gens peuvent se comparer à cet homme. Cette semaine je vous présente Gérard Côté. Je laisse le soin à Paul Foisy de vous décrire en bref l'histoire de ce coureur tout à fait exceptionnel.

Gérard Côté demeure le coureur québécois ayant connu le plus de succès sur la scène internationale. Né à Saint-Barnabé Sud le 27 juillet 1913, il est doté d’une force de caractère et d’une détermination à toute épreuve. Il pratique la course à pied de 1931 à 1956, parcourant plus de 192 000 kilomètres! En plus de s’adonner à la course à pied, Côté est un adepte de la course en raquettes.

Vers la fin des années 1920, lorsqu’il déménage à Saint-Hyacinthe, le jeune Côté s’intéresse aux activités sportives. En plus de jouer au hockey et au baseball, il s’adonne à la boxe, un des sports les plus en vogue à l’époque. Il pratique alors la course à pied pour acquérir une plus grande forme physique. Puis, en juillet 1931, en pleine crise économique, les coureurs du marathon Peter Dawson s’arrêtent à Saint-Hyacinthe pour la première étape de cette compétition de 800 kilomètres. À la vue de ces grands coureurs professionnels, il attrape la piqure et décide de les imiter. Le 4 octobre 1931, il remporte la victoire à sa première course. L’hiver suivant, afin de continuer à développer ses capacités aérobiques, il participe à une première course en raquettes.

Au fil des ans, les rédacteurs des principaux journaux le favorisent pour remporter le marathon de Boston. Il réussira l’exploit en 1940, tout en remportant le Yonkers au mois de novembre. Cette victoire à Yonkers qu’il répétera en 1943 et 1946, fait de lui le champion américain. Gérard Côté est désormais perçu comme un grand coureur, faisant partie de l’élite internationale.

Il poursuit sa carrière année après année, remportant à nouveau le marathon de Boston en 1943, 1944 et 1948. Alors qu’il était au sommet de sa forme, la Seconde Guerre mondiale vient déjouer ses projets de participer aux Jeux olympiques de 1940 et 1944.
Ce n’est qu’en 1948 qu’il pourra tenter de décrocher la médaille d’or tant convoitée. L’année est exceptionnelle, car il remporte successivement les marathons de Boston, Los Angeles et Hamilton, où le comité olympique canadien l’oblige à courir afin d’assurer sa participation aux Jeux. Malheureusement, les quatre épreuves se déroulent dans un laps de temps relativement court. Il se présente à Londres dans un état de fatigue qui l’empêche d’obtenir un podium olympique. Cette défaite est celle qui le marque le plus, car il rate sa chance d’obtenir une médaille olympique.

Avant de remiser ses espadrilles en 1956, il prend part aux Jeux de l’Empire (Jeux du Commonwealth) en 1950 à Auckland (Nouvelle-Zélande) et à Vancouver en 1954. De plus, il est couronné champion canadien sur distance marathon à quatre reprises.

En plus de connaître une carrière exceptionnelle en tant qu’amateur, Gérard Côté s’implique dans la communauté maskoutaine en présentant le marathon de Saint-Hyacinthe de 1947 à 1975. À quelques occasions, cette épreuve détermine le champion canadien. Au cours des années 1980, il est ambassadeur pour Loto-Québec qui commandite le circuit de course provincial au Québec.

Ses victoires à Boston et à Yonkers en 1940 lui valent le trophée Lou-Marsh, décerné au meilleur athlète canadien. L’année est fructueuse puisqu’il reçoit également le Norton H. Crow pour le meilleur athlète amateur canadien, le Leslie J. Jarvis pour le meilleur athlète sur piste et finalement le trophée Jos Cattarinich pour le meilleur athlète canadien-français. En 1955 il est élu au Temple de la renommée olympique du Canada et l’année suivante, il est intronisé au Temple de la renommée des sports canadiens.

En 1988, il est décoré de l’Ordre national du Québec. Deux ans plus tard, il est nommé Membre de l’Ordre du Canada. Cette même année, il porte le flambeau pour rallumer la vasque olympique des Jeux de Montréal. Cet événement se déroule lors d’une cérémonie spéciale commandée par la Régie des installations olympiques (RIO) pour annoncer et appuyer la création du Panthéon des sports du Québec. Il sera d’ailleurs parmi les premiers intronisés au Temple de la renommée des sports du Québec en 1991.

Paul Foisy






dimanche 4 septembre 2011

Mon premier Marathon: Semaine #9 (32km orageux!)

 05h20 le cellulaire sonne! C'est pas un appel mais bien mon cardinal (mon fichier audio) qui est ma sonnerie qui m'informe qu'il faut que je sorte du lit. 5h45 je commence à manger. 06h00 je planifie ma sortie, oui 32km doit se planifier à l'avance pcq tu veux pas te retrouver à courte distance ou trop longue distance près du but. De toute façon la dernière des choses que tu veux à faire c'est de compter tes km qu'il te reste. 06:30 à 08:00 je relaxe et prépare tout mon équipement (souliers, bas, short, chandail, gourdes, gels, casquette, lunette, montre.....s'en fait du stock!. Je regarde les dernières images radar et au loin je vois que les orages s'en viennent mais peut-être que je vais les éviter. 08h00 les étirements légers à l'intérieur. 08h20 je sors dehors commencer les étirements extérieur et les réchauffements ''drills''.

 08h30 c'est le départ! Quelle belle température! Nuageux avec un 21°, humide mais pas de soleil. Pas une auto sur le chemin et les jambes vont bien. Mais au 8e/km surprise! L'orage? Non! Le soleil qui fait son apparition. Oh là c'était un peu moins drôle. 88% d'humidité avec des nuages et un peu de vent c'est encore ok. Mais là le soleil. Je cours vers le sud plein vent. Je suis ok mais le chemin du retour s'en vient. Je sais que le vent dans le dos avec ce chaud soleil ne sera pas facile mais vraiment pas facile. (Retour sur hier; c'était l'une des journées les plus chaude et humide et j'ai été courir pendant 30min. C'est facile de gérer sa course lorsqu'on fait 30min mais 2h45 c'est une autre chose.) Tu dois prendre une décision rapidement si tu réduis ton rythme de course tout de suite, graduellement ou tu attends plus tard. Ma décision se prend rapidement, je reste sur mon ''pace'' et peu importe ce qui arrivera je vais assumer.

 À 16km je reviens sur le chemin quand tout à coup un petit grondement au loin derrière moi. Comme j'arrivais de là, je savais que ça ne pouvait être le tonnerre, j'ai donc pensé un instant que ça pouvait être une auto avec du ''boom boom''....En me retournant j'ai vite compris que ce n'était pas une auto. C'était gris mais gris foncé...comme qu'on dit <<c'était noir>>. Et merde! 2e fois en 3 longues sorties qu'il pleut! Mais cette-fois sérieux! Bon j'ai maintenant 17km de fait...QU'EST-CE QUE J'FAIT? C'est sûr que l'orage me rejoint. Je dois donc me mettre à l'abri mais où??? Je suis dans les champs. D'accord je fais le reste en ''sprint'' c'est-à-dire le plus vite que peut pour rendre pcq j'ai quand même 17km dans le corps. Je décide donc d'accélérer le pas de course à 40-45sec de plus vite au km. C'est un effort faisable mais disons que je viens d'oublier mon 32km pour aujourd'hui. Je tiendrai pas 8km à ce rythme et refaire un autre 8km à la maison. La pluie tombe. Les chevaux sur le bord de la route sont appeurés par le grondement du tonnerre qui se fait de plus en plus fort. C'est drôle comme je passe juste devant eux, il me suivre en courant le temps de quelques mètres....de belles images. Après 3km de course rapide la pluie est vraiment trop forte. J'ai peur pour les éclaires et pour la grêle. Tout à coup c'est trop! Éclair à quelques centaines de mètres et la pluie tellement forte que je n'y vois plus rien. Je vois une maison avec une grange et une espèce de remorque à foin avec des paroies assez haute pour me protéger de la pluie et du vent. Accroupis au sol juste à côté de la remorque j'espère que ça va passer.

13 longues minutes. À être sans bouger après un effort plus qu'important. Lorsque la foudre est tombé à 500-600 mètres de moi (flash et tonnerre instantané) j'ai pu vraiment le goût de penser à la course. Je pensais à quand cela allait finir et si j'allais être correct pour rendre chez moi. Je suis qu'à 3km mais les jambes font mal. Demeurez sans bougé pendant 13min c'est pas très bon pour la circulation sanguine. Finalement l'orage passe. Pas besoin de dire que je suis mouillé pas à peu près. Évidemment courir mouillé c'est pas grave. Mais les souliers sont détrempés. Ils sont lourds. Tout comme les jambes. Je repars! Fini la pluie mais loin d'être fini pour la distance. Je suis à 21km. Le demi est atteint. Mais il reste 11km à finir. Je me dit donc que je vais terminer ce 11km peu importe comment et peu importe en combien de temps. Drôlement ça va bien! Est-ce que c'est pcq j'ai arrêté pendant quelques minutes? Sûrement. Par contre la douleur ''normale'' aux jambes revient quelques minutes plus tard. J'ai demandé à ma conjointe de surveiller mon passage et m'aider à remplir mes gourdes. J'arrive sur ma rue et tout le monde m'attendait. Ma blonde, les enfants et même mes deux voisins d'en face. Un petit remplissage, 23km de complété et reste 9km à faire. Le reste s'est très bien passé. J'ai même poussé le dernier km au rythme 10km. Je me suis dit que j'allais compenser pour l'arrêt involontaire au 18e/km.

 J'y repense, en 2ans et demi d'entraînement c'est la première fois que j'arrête de courir. Il fallait que ça tombe sur la plus longue distance à vie. Me serais-je blessé si j'avais fait le 32km sans arrêt? Est-ce un suspense de plus pour le jour J? J'imagine.

 Cette longue sortie est maintenant chose du passé. Il me reste maintenant une longue semaine de sortie (en heures) mais dimanche prochain c'est un 90min, soit pratiquement la moitié de cette semaine. Est-ce que l'anxiété prendra place dans les prochains jours? La nervosité fera-t-elle son apparition? Le stress et la fatigue resteront-ils loin de moi? À voir! Demain REPOS!

Bonne semaine!

Entraînement 32km